De l’e-commerce en Belgique: quelques chiffres

Le Royaume de Belgique, Koninkrijk België en néerlandais, ou Königreich Belgien en allemand, est un état fédéral divisé en trois régions: la Flandre, la Wallonie et Bruxelles. Trois langues s’y côtoient: le néerlandais, le français et l’allemand. Nombre d’habitants: 10,7 millions. Superficie: 30 528 km². La Belgique, pays qui élève au rang de principe de vie le compromis, est membre de l’espace Schengen depuis 1985, la monnaie est l’euro et le chiffre d’affaire de l’ecommerce est en pleine expansion. Tour d’horizon d’un petit marché que l’on estime complexe à aborder.

« Malgré la crise économique et une diminution de la confiance des consommateurs, on constate que la vente en ligne se porte bien », explique Patricia Ceysens, présidente de BeCommerce, association belge des entreprises actives dans la vente à distance, tant en ligne qu’hors ligne , avant de rajouter: « Pourtant la Belgique est en retard par rapport à ses pays voisins. La croissance ici est certainement à notre portée. La vente en ligne est un « booming business », un secteur en pleine effervescence. Les entreprises belges doivent en tirer profit, sinon des entreprises étrangères mettront rapidement la main sur notre secteur de l’e-commerce. »

belgique-ecommerceEn 2009, la Belgique exporte pour 270 millions d’euros en biens et en services e-commerce, tout en important 757 millions d’euros. Dés lors, conclu The Boston Consulting Group, cabinet international de conseil en management missionné par Google Belgique en 2011 afin d’établir un bilan des activités Internet en Belgique: « pour chaque euro exporté, la Belgique en importe 2.8 € ». Un chiffre ramené à 1.5 € en 2012, selon l’institut WYS. En 2012, le manque à gagner pour la Belgique est ainsi estimé à 1500 millions d’euros.  Parce que les prix sont plus avantageux dans les pays limitrophes ( les prix pratiqués en dehors de la Belgique en ecommerce sont 10 % moins onéreux en moyenne, et la tabelle n’aide pas, pour en savoir plus cliquez ici ), parce que l’offre ecommerce en Belgique ne reflète pas les attentes des habitants avec des articles qu’ils ne trouvent dans le plat pays ( 65 % des produits recherchés ne sont pas disponibles sur des sites ecommerce belge), sont les arguments les plus énoncés. Ce qui incite donc 24 % des belges à acheter en dehors de la Belgique (le double de la moyenne européenne).

En 2012, le chiffre d’affaires global annuel des sites de commerce en ligne belge culmine: « à 1,52 milliards d’euros, il s’agit d’une augmentation de 11,8% par rapport à l’année passée, dont le CA était de 1,36 milliards d’euros », annonce Becommerce.  Ce qui ne traduit pas les dépenses ecommerce effectuées par les belges, et dont la valeur est évaluée à plus de 4 milliards d’euros ( à noter que le montant des ventes en ligne en Grande Bretagne est de 80 milliards d’euros en 2011, alors qu’il est de 37,7 milliards d’euros en France pour 100 400 sites ecommerce actifs, selon la Fevad).

Les dépenses ecommerce, appelé l’e-commerce business-to-consumer pour les adeptes de la langue de Shakespeare, s’élèvent alors à: « 3.2 milliards d’euros par an en 2011, soit 400 € par utilisateur Internet, contre 1200 € au Royaume-Uni », révèle alors The Boston Consulting Group, avant de rajouter que: « 36 % des adultes belges déclarent avoir acheté au moins un bien ou un service sur internet. »

A la question du « Pourquoi vous achetez sur le web, plutôt que de vous rendre dans des enseignes physiques », les belges répondent par: éviter la cohue dans les magasins (83%), échapper aux contraintes des heures d’ouverture (61%), estime qu’il s’agit d’une manière commode de faire son shopping (56%), éviter le stress engendré par le shopping (56%) et gagner du temps (44%), avec une livraison flexible et fiable au domicile, ou sur le lieu de travail.  Par ailleurs, le WYS dispose d’un autre argument, celui du large choix qu’offre les entreprises web: « il y a 200 % fois plus de produits disponibles en ligne, qu’hors ligne en Belgique. »

La répétition fait la réputation, Marcel Bleustein Blanche.16 % des Belges, après un achat sur un site ecommerce, en fera un nouveau dans la semaine ou le mois qui suit ( et 54 % dépenseront de la monnaie non sonnante et trébuchante sur le web entre 1 et 6 mois). Néanmoins, les moyens de paiements doivent être adaptés. Les descendants de Magritte et de Brel ne disposent pas tous de Visa et Mastercard. Les cartes de débit (comme bancontact), mais aussi PayPal et le virement bancaire sont des moyens de paiement appréciés et très sollicités.

Le bouche à oreille est le meilleur des médias, Bill Bernbach. Par ailleurs, le WOW effect, autrement dénommé dans la langue de Molière le bouche à oreille, est important. En effet, 40 % des belges se font ambassadeurs de leur(s) site(s) ecommerce préféré(s) et n’hésite pas à le(s) recommander à leurs proches. D’où l’importance de l’e-réputation. Surtout que la fidélité des habitants du plats pays, dont je fais parti, est évaluée à 89 % en 2012, une progression de 5 points par rapport à 2011.

Insolite: Après devoir payer pour pisser, débourser votre argent pour simplement entrer dans un magasin. En Belgique, « la valeur des biens et des services recherchée en ligne, mais achetée hors ligne, est évalué à environ 6.3 millions d’euros par an », estime WYS. Commerce physique et commerce en ligne, plus qu’une saine complémentarité, certains y voient une néfaste concurrence et n’hésitent pas à trouver des parades des plus grotesques. Ainsi, une enseigne qui vend des produits sans gluten, Celiac Supplies à Brisbane, Australie, affiche à l’entrée de son magasin une pancarte qui dispose: « A partir du premier février, la magasin demandera une cotisation de 5 dollars par personne, juste pour regarder. Les 5 dollars seront déduits de vos biens achetés », et de poursuivre en expliquant que trop de gens utilisent Celiac Supplies comme une vitrine, en y appréciant les produits pour les acheter ailleurs. Comme sur le web. Pour en savoir plus, le blog de Michel Guilhermier, cliquez ici !

Insolite: Wall-mart teste les clients-livreurs. « De shoppers à shippers, en anglais ça sonne mieux que le français de « clients à livreurs », mais c’est le concept, » ironise Marc Schillaci, PDGde Oxatis, sur son blog, avant de mieux expliquer cette initiative: «Les clients Walmart de passage dans un magasin pourrait obtenir un bon de réduction en livrant les produits achetés en ligne par les personnes résidant dans leur voisinage. » A quand une remise après le coup de balai dûment passé dans le magasin par les clients-techniciens de surface ?

Pour aller plus loin:

E-commerce et Brick and Mortar, ne parlons pas de cannibalisation. Retrouvez notre article où il en est notamment question, ici !

Pour consulter l’étude de WYS, et mieux apprécier l’ecommerce en Belgique, cliquez ici ! 

Pour consulter l’étude de The Boston Consulting Group, et encore mieux apprécier l’ecommerce en Belgique, cliquez ici !

– Le site Becommerce ( cliquez ici! ), mais aussi de SafeShops ( cliquez ici ! ), deux labels (certification) pour l’ecommerce en Belgique

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2 Commentaires

  1. Pingback: Offre produit et relation client, les vrais leviers du CA | McGulfin

  2. Pingback: Etudes, rapports, attention aux sophismes des données | McGulfin

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