Rien n’est impossible, soyons des utopistes

« Une utopie est un projet réalisable qui n’a pas encore été réalisé », T. Monod

Même si chaque jour cette conviction est sur le point de s’ébranler, même si chaque jour je ressens une lassitude, même si chaque jour je peux être l’objet de moquerie: je suis un utopiste, et j’espère le rester…

Ce que vous avez pu lire sur ce blog, pèle-mêle et sans aucune cohérence dans ce bilan: L’agriculture conventionnelle ne peut être la panacée qui nourrira les 9 milliards d’âme qui peupleront la planète en 2050. Les cocktails de pesticides injectés dans les champs ne sont qu’une bombe à retardement pour notre santé.
L’extraction de gaz de schiste est néfaste pour l’environnement et se trouve dans une bulle spéculative sur le point d’imploser.
Le système financier international est un homme cancéreux que les paradis fiscaux, territoires métastase-iques, rongent consciencieusement. Dans un monde dé-régularisé les banques universelles (qui regroupent les activités et de dépôts et d’investissements) spéculent avec notre argent, un dangereux jeu d’enfant que les Etats, paternalistes, doivent réparer par peur d’un effet dominos et d’une chute du notre économie maintenant mondialisée: « too big, to fall », dit-on.
Une taxe sur les transactions financières permettrait de tordre le coup à la pauvreté, cette pauvreté qui touche surtout les pays en développement notamment sous le joug de la spéculation alimentaire.
« Se révolter ou s’adapter, il n’y à guère d’autres choix dans le vie », les inégalités ne cessent de se creuser entre les franges de la population, les indignés, le clan des 99 % se soulèvent, « tels écarts de richesses entre les plus riches et les plus pauvres sont à la fois inacceptables socialement et extrêmement dangereux économiquement », note J. Stiglitz dans son ouvrage Le prix de l’inégalité: «  les riches s’enrichissent […], les pauvres deviennent plus pau­vres et plus nombreux, et la classe moyenne se vide, » etc.

utopisteDes études, des rapports, des articles de presse, des livres, des documentaires se font l’écho du Monde dans lequel nous vivons, toujours plus désopilant. Un Monde dominé par une pensée immobile devenu l’alibi du réalisme: « si nous pouvions, nous le ferons, mais dans l’état actuel des choses, ce n’est pas possible. Il y a beaucoup trop de forces en présence », se lamentent nombres de feux utopistes, résignés, mais dont le souhait de réforme reste inchangé.

Des vérités, des contre vérités, des débats stériles et complexes dans un langage néologique que ne côtoie et ne comprenne qu’une petite partie des gens. Des plaidoyers, du lobbying, des intérêts financiers, etc. Tout un monde s’affronte, et les médias, dans ce brouhaha, tentent d’extraire une information qu’ils veulent impartiale ( Néanmoins, une info ne peut être impartiale. Un média ne peut être objectif. Oui, toutefois: « Qui n’entend qu’une cloche, n’entend qu’un son ». Il faut donner des clefs aux gens afin qu’ils puissent, à leur guise, interpréter et decrypter l’information. Que chacun se forge sa conviction. )

Dépassé, abreuvé de déclarations contradictoires, souvent incomplètes, le citoyen, timide, ne peut et n’ose penser grand: « que puis-je faire à ma petite échelle ? » Et chacun rabote ses desseins, et chacun revoit à la baisse ses aspirations: ceux d’un Monde dans lequel il souhaiterait vivre.

L’utopie, ce doux rêve d’un Monde qui change, fait sourire. L’utopie, cette irréalisable chimère qui fait peur. L’utopie, cette risée des gens bien-pensants, attachés au réel. Cependant: « l’expérience historique confirme une vérité, l’homme n’aurait pas atteint le possible s’il n’avait pas, à maintes reprises, cherché à atteindre l’impossible », comme l’écrivait le philosophe de l’éthique protestante, Max Weber.

L’utopie plausible. Il faut penser à l’impossible. Réhabiliter cette idéologie que chacun peut faire bouger les choses. Avoir l’audace. Avoir le courage. Rappelez-vous: « Celui qui sauve un homme, sauve l’humanité entière ».

« Si on avait su », s’exclame t-on trop souvent.  Si on avait su, pour les subprimes, si on avait su, pour Fukushima et demain, si on avait su, pour les pesticides, si on avait su, pour l’agriculture traditionnelle, si on avait su, pour l’Europe sans une véritable union politique, etc. Des hypocrisies. Pourtant, « la mauvaise vu se soigne, la mauvaise foi se combat », comme le disait Nietzsche.

Ce texte vous indigne ? Ce billet de blog vous énerve ? Pourquoi tant de pessimisme ?, pensez-vous.  Bien, nous allons modifier tout ça. Je crois profondément au changement. Et à ma petite échelle, chaque jour, je fais attention. Chaque jour je m’émerveille des combats menés, des progrès réalisés: Offshoreleaks, le projet New B, les scandales alimentaire, etc. la prise de conscience des gens, leurs mobilisations. Chaque jour j’apporte ma pierre à l’édifice bonté de la nature humaine.

Soyons des utopistes ! Défendons l’utopie, et merde à vos contradicteurs qui vous prennent pour de doux rêveurs qui se baladent la bouche en cœur dans un monde de bisounours qu’ils ne souhaitent (et surtout ne veulent) voir et entendre parler. Merde à tous ces résignés, qui tombent dans cette facile spirale du: «on ne peut rien faire. Je ne crois pas dans la nature humaine». Merde à ces contradicteurs qui s’esclaffent de vos idées, de vos prétentions, de vos aspirations qu’ils heurtent systématiquement à la réalité du Monde dans lequel nous vivons. Toute réalité peut à chaque instant vaciller. Il suffit d’un vent d’indignation. Rien n’est impossible. Courage !

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