The Artist, la déclaration d’amour de Michel Hazanavicius à Hollywood

En 2011 est projeté dans les salles obscures le nouveau film de Michel Hazanavicius. Entouré de ses acteurs fétiches, Jean Dujardin et Bérénice Béjo, déjà à l’affiche des 2 opus d’OSS 117, Hazanavicius nous propose un film muet et en noir en blanc. C’est culotté, mais inspiré.

The Artist, Dujardin, Béjo, Hazanavicius

Cette idée saugrenue germe tout naturellement dans l’esprit de Michel Hazanavicius depuis un peu moins de 10 ans. Ses réalisateurs fétiches sont tous issus de l’école des films muets: ce sont Hitchcock, Lang, Ford, Lubitsch, Murnau, Billy Wilder. The Artist sonne ainsi comme une déclaration d’amour à ses paires. Un hommage. Aussi, comme un défi: « en tant que metteur en scène, ça vous met face à vos responsabilités, ça vous impose une manière spéciale de raconter une histoire, » raconte t-il et de rajouter: « Ce n’est plus au scénariste ni aux acteurs de raconter l’histoire, c’est vraiment au metteur en scène. C’est un cinéma où tout passe par l’image, par l’organisation des signes que vous envoyez au spectateur. »

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Hazanavicius se plonge donc dans les films se son enfance. Il étudie âprement. Prend des notes. Dévore pléthore d’ouvrages sur le Hollywood du temps passé, celui de la la machine à rêve dans toute sa splendeur.
Le projet s’avère tout aussi passionnant que fastidieux: « S’il y a trop de rebondissements, trop d’amplitude, trop de personnages, une intrigue trop complexe, visuellement vous ne pouvez pas vous en sortir. C’était ça le plus compliqué, » explique le réalisateur avant de rajouter: « J’ai très vite remarqué que, dès que l’histoire n’était pas claire, on décrochait. C’est vraiment un format qui ne pardonne pas, surtout aujourd’hui. »

En quatre mois les bases du film sont posées.

Nous sommes à Hollywood. En 1927. George Valentin (Jean Dujardin) est un homme comblé. Adulé de tous, il est la vedette du cinéma muet à qui tout sourit. Toutefois, le passage au film parlant le conduit tout droit vers sa déchéance. Il sombre peu à peu dans l’oubli tandis qu’une autre étoile commence à briller. Peppy Miller (Bérénice Béjo), une jeune figurante, est propulsée au firmament des stars.

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1927 est en fait une date charnière dans l’histoire du cinéma. En octobre de cette même année est projeté sur les écrans Le Chanteur de jazz, film musical d’Alan Crosland communément considéré comme étant le premier film parlant.

En outre, l’étincelant Valentin est un clin d’œil à celui que l’on surnommait The King of Hollywwod, l’une des premières étoiles de Hollywoodland, comme l’expose Jean Dujardin: « Je me suis inspiré de Douglas Fairbanks(…) Flamboyant, virevoltant, plein de panache, n’hésitant pas à multiplier les clins d’œil aux spectateurs. Ça, c’était très drôle à faire, notamment tout ce qui concerne les films dans le film, là, je pouvais en faire des tonnes. »

Surjoué, mais avec talent. On se laisse volontiers bercer par la douce poésie de The Artist. Drôle parfois, souvent très émouvant et magnifiquement interprété par Bérénice et Jean, tous deux danseurs de claquettes nés. « Apprendre les bases des claquettes pendant plusieurs mois, commencer par shuffle, step, shuffle, step, douter, avoir l’impression de ne pas progresser puis repartir de plus belle, travailler des bouts de chorégraphie avec Bérénice et se laisser porter par le plaisir de la découverte » , se remémore Jean Dujardin avant de conclure: « Même si je sais que je ne serai jamais Gene Kelly ! » Et pourtant, quelle illusion.

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