Plastic Planet, un documentaire de Werner Boote

En 1999, Werner Boote, petit fils d’un des fondateurs de l’industrie du plastique en Autriche, découvre que des poissons meurent dans une rivière anglaise à cause d’une substance présente dans les matières plastiques, que les mers du Groenland sont polluées par des matières synthétiques et que de véritables bancs de matières plastiques flottent dans l’Océan Pacifique. Horrifié, Werner décide alors de faire un film sur le sujet. Après huit années d’investigation nait « Plastic Planet ». « Je cherche juste à savoir ce qui se passe, ici et maintenant, concernant l’impact des matières plastiques sur notre planète… et rien d’autre », précise le réalisateur.
Plastic Planet, documentaire de Werner Boote
« J’ai voyagé dans des lieux considérés a priori comme des « zones protégées », des « zones naturelles vierges », si on s’en tenait à leur désignation et à leurs noms, et j’ai découvert que ces zones étaient souillées de manière irréversible par les ordures », déplore Werner. Des centaines de millions de tonnes de plastique sont produits chaque année dans le monde, 300 tonnes d’ordures plastiques sont jetées par heure dans les mers. Cette matière met entre 400 et 1000 ans pour se dégrader et seulement 1% des quatorze millions de tonnes annuelles de polystyrènes sont recyclés.
Symbole de surconsommation et de pollution à grande échelle, le plastique est un danger global tant pour la planète, que pour l’homme. Stérilité, cancers, etc. Mais l’omerta règne et les débats font rage. Comme celui relatif au Bisphénol A, molécule dont la toxicité est constamment remise en cause. Présent dans notre corps, le Bisphénol A est reconnu pour spontanément s’extraire à très faible dose des matières plastiques.
Une prise de conscience. Sous la forme d’un voyage autour du monde, Werner nous fait découvrir le véritable impact du plastique sur notre civilisation et prouve, à travers de nombreux témoignages d’éminents spécialistes, que les produits synthétiques rejettent des produits chimiques qui passent à travers la chaîne alimentaire jusque dans le corps humain. Un travail de longue haleine: « Le plus grand problème a été de pouvoir rencontrer les acteurs majeurs de la filière plastique car ils fuient toute publicité», confesse sans grande surprise Werner Boote: « La preuve : même le fameux show télévisé américain « 60 minutes » a été incapable de faire venir devant sa caméra les patrons de l’industrie du plastique.» Existe t-il des solutions ? « Les bio plastiques ( par exemple, les sacs en amidon de maïs se dégradent en 3 semaines à 2 mois ndlr ), qui ne représentent aujourd’hui que 0,5 % des plastiques existants, et des produits de substitution tels que le verre », répond le réalisateur avant de renchérir: «C’est aux consommateurs et aux politiques d’agir, de pousser les industriels du plastique à modifier leurs comportements. »Ainsi, après avoir visionné le film projeté lors d’un festival à Abu Dhabi, se remémore Werner, un des secrétaires du Ministère de l’environnement « est venu me voir pour me demander comment résoudre ce problème dans son pays. Un peu pris au dépourvu, je lui ai dit spontanément : « en bannissant les sacs plastiques ! ». Je ne pensais jamais avoir de nouvelles, mais dix jours plus tard, Abu Dhabi annonçait officiellement qu’il bannirait les sacs plastiques à partir de 2013. »

Pour aller plus loin, le projet Ocean Cleanup: «  Il y a eu un âge de la pierre, un âge de bronze et maintenant nous sommes en plein dans un l’âge du plastique », entonne Boyan Slat, étudiant de 19 ans qui veut nettoyer les océans des 7,25 millions de tonnes plastique qui les asphyxies. Boyan Slat part d’un constat: les résidus s’accumulent principalement dans 5 grands tourbillons, que l’on appelle «  gyres océaniques », et de développer, ensuite, son projet baptisé Ocean cleanup. L’idée: « Plutôt que de lutter conte les courants marins extrêmement puissants à l’œuvre dans ces tourbillons, il faut s’en servir pour que les océans se nettoient eux-mêmes. » Des plateformes fixes laisseraient ainsi les courants charrier les déchets dans des barrages flottants. Dés lors, le nettoyage des océans se ferait en 5 ans ( au lieu de 79 000 avec la technique bateaux-filets), et rapporterai 500 millions de dollars avec le recyclage des résidus ainsi récoltés. ( Journal Le Soir 9/04/13) Pour découvrir plus en détail le projet de Boyan Slat et y participer, cliquez ici !

boyan-slat-projet

Plateforme d’extraction des déchets, sorte de raie manta géante, Slat

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