De la condamnation de George Bush pour acte de torture ?

En janvier 2009, Barack Obama signe un décret en vertu duquel Guantanamo sera fermé dans un an au plus tard: « Ce que je fais ici, ce n’est pas seulement tenir l’engagement que j’ai pris pendant la campagne électorale, c’est, je crois, une conception qui remonte aux pères fondateurs (des Etats-Unis) selon laquelle nous entendons respecter les normes fondamentales de comportement, pas seulement quand cela est facile, mais aussi quand c’est dur. »

Guantanamo, par Paul Keller, Flickr
Deux ans plus tard, « la prison de première classe », comme la dénomme Dick Cheney, est toujours en fonction. Mais Eric Holder, actuel secrétaire américain à la justice, invité fin septembre au Parlement européen, n’en démord pas: « il est toujours dans nos intentions de fermer Guantánamo » et de renchérir: « Cette fermeture serait dans le meilleur intérêt de tous (…). Nous avons une élection, en novembre 2012 : nous ferons pression pour la fermeture du site avant cette date, et nous essaierons aussi après cette date car nous pensons que certaines personnes transformeront cela en un enjeu politique. »
Symbole des controversées pratiques employées par l’administration Bush dans la lutte contre le terrorisme, Guantanamo entre en fonction après les attentats du 11 septembre 2001. Le sinistre centre de détention est alors sans cesse dénoncée par les organisations de défense des droits de l’homme: zone de non-droit où la torture est « légalisée » – le gouvernement Bush de l’époque conteste l’application de la Convention de Genève relative au traitement des prisonniers pour les individus suspectés d’acte de terrorisme.
Souhaitant rompre avec l’effroyable politique de Bush, Obama sonne donc le glas de Guantanamo. Néanmoins, des dissidences interne se font jours. Le Congrès bloque la fermeture et parmi les nombreux obstacles figure aussi le transfert des détenus vers leur pays d’origine réticents à accueillir ces « combattants ennemis », tel que qualifiés par George Bush. Toutefois, comme le martèle de nouveau Eric Holder: «  La détermination de cette administration est de fermer Guantánamo dès que possible. »

Guantanamo, par Casmaron, Flickr

En attendant, sur la seule base des actes de torture, plus de 10 poursuites ont été initié aux Etats-Unis et plus de 20 à l’étranger contre Georges Bush et/ou les membres de son administration. Car dans le Monde, les espoirs de justice portent encore plus loin que la fermeture de Guantanamo et se résume en la possibilité réelle de demander justice aux ex-président, ex-vice-président, Cheney, et ex-secrétaire à la Défense, Rumsfeld , et ce pour l’ensemble des abus de pouvoir de cette « guerre à la terreur ». Des espérances que nous dévoile Reed Brody, conseiller juridique et porte – parole de Human Rights Watch dans son livre : « Faut-il juger George Bush ? Pleins feux sur un rapport qui dénonce la torture et l’impunité ».  Et à la question: Pourquoi juger George Bush ?, voici la réponse de Reed, interviewé par Pascal Martin et Alain Lallemand, journal Le Soir du 24 septembre 2011.

« Pour trois raisons. Un : les tortures et les mauvais traitements systématiques faits aux prisonniers. Deux : le secret des lieux de détention où des prisonniers ont disparu en violation du droit international. Trois : la politique de transfert par le biais de laquelle les présumés terroristes ont été envoyés dans des pays comme la Syrie, l’Egypte ou la Libye pour être torturés. Ces abus systématiques, autorisés par le gouvernement, n’ont pas été l’acte de quelques individus qui ont enfreint les règles. Ils ont résulté de décisions prises par des hauts fonctionnaires américains et surtout par George Bush qui a publiquement reconnu avoir approuvé le recours au waterboarding, une forme de simulacre d’exécution par noyade. Il a autorisé le programme de détention secrète et le protocole exceptionnel de détention. »

Pour découvrir le reste de l’interview, cliquez ici !

Pour découvrir le livre de Reed Brody, « Faut-il juger Georges Bush ? Pleins feux sur un rapport qui dénonce la torture et l’impunité », cliquez ici !

Faut-il juger Georges Bush ?, Reed Brody

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