“On m’a demandé de vous virer”, Stéphane Guillon

Guillon-Porte-Rollin-France-Inter

« Vous allez être déçus: pas de blagues sur les handicapés, le physique, la religion, la politique », confie Guillon en ouverture de son dernier spectacle, Liberté (très) surveillée, mercredi 16 novembre au Théâtre Saint-Michel à Bruxelles, avant de renchérir: « Selon Dominique Strauss Kahn,  un peu énervé après l’une de mes chroniques à l’époque: « L’humour s’arrête ou la méchanceté commence « . Du coup, je fais quoi, moi, maintenant. Je suis mal. »

Echaudé après ses déboires à France Inter, Guillon, qui manie avec perfection l’autodérision, ne pouvait éluder son vil et prompt licenciement.

Le coup est rude. Le 23 juin 2010, après des années de bons et loyaux services à France Inter et une audience qui avoisine les deux millions, Guillon tire poétiquement sa révérence : « A l’idée de vous quitter, mon cœur de chroniqueur sans cœur se serre.»

Au sein de la radio publique, le satiriste, sans relâche, œuvre pourtant pour la liberté d’expression. Eveilleur de conscience, observateur acharné de notre société, il croque à pleine dent l’actualité quotidienne. A sa façon, un humour acerbe et insolent, il ré interprète ce qui fait la « Une » des médias. Les gros dossiers, pourrait-on dire ! C’est le style Guillon. Un chien enragé. Sans concession, il prend partie et se gausse des remontrances qui lui sont adressées.

Un talent  et une liberté qui l’ont desservi. Le ton de sa chronique matinale fait grincer quelques dents. A commencé par ses patrons, dont les accointances avec l’autorité politique sont soulevées. Après quelques échanges musclés par presse interposée, l’heure est au remède. Pour Guillon, l’été 2010 sera celui de la canicule. Jean-Luc Hees et  Philippe Val découvrent le vaccin à la rage qui semble s’emparer de l’esprit de l’humble humoriste: la mise à pied. Immédiate…

Mais Stéphane n’a pas perdu sa verve. Contre toutes censures, il garde sa liberté de parole et reste ainsi fidèle à lui-même. Le spectacle du feu trublion des ondes est décapant. Tout comme son dernier livre.

“On m’a demandé de vous virer” de Stéphane Guillon fait suite à son éviction de la radio publique Française. Un recueil de ses chroniques. De celui qui s’est révélé au sein de France Inter, qui a découvert sa voie au sein du registre : la satire politique. Ce livre est un régal pour qui apprécie Guillon ! Une découverte pour les autres.

Drôle, méchant, Guillon cultive à souhait (et avec un plaisir non dissimulé) cette image de funambule. Son humour est tranchant. On aime ou on déteste vraiment; cette simpliste vision manichéenne persiste au seul nom de Guillon. Le consensus mou peine à s’appliquer en l’espèce.

Sans plus déblatérer, on vous laisse donc avec son dernier ouvrage. N’hésitez pas à nous dire ce que vous en penser ! 🙂

A découvrir:

– On m’a demandé de vous virer, Stéphane Guillon, novembre 2010, éditions Stock

Guillon-stéphane-livre

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